Puissance ZeldaPuissance PocketNint'hebdoPokemonPerfect Dark
Puissance Nintendo vous amène l'info au galop !!! Oooh !
Faites de PN votre page de démarrage !





Hit-Parade

 
 
  Vous êtes ici : Section Dossiers.               Home     Mail     Forum     Chat
 
La Conspiration des Editeurs (Xavier)Avez-vous constaté vous aussi que le nombre de développeurs en quête d'Editeurs avait sacrément augmenté ces derniers temps ? Le drame, c'est que les Editeurs font les difficiles, et que cela crée des situations incroyables comme la possibilité pour un jeu de disparaître, tout simplement, de ne jamais paraître. Dans ce dossier, nous allons vous présenter quelques cas de développeurs qui ont du mal à faire publier leurs jeux, et nous allons essayer de comprendre pourquoi on en est arrivé là.

Quelques définitions.

Développer un jeu coûte cher, et de plus en plus cher. De plus en plus tôt, il est donc important pour les développeurs de s'assurer du soutien d'un éditeur. Pouvez-vous faire clairement la différence entre l'un et l'autre ? Il est peut-être bon d'essayer de donner d'abord une définition de ces deux métiers bien différents qui partagent pourtant le même dessein : placer un jeu dans votre console, dans celle de vos amis, tous vos amis !

Le développeur, c'est la société qui crée le jeu : elle définit l'histoire, fixe les ressources nécessaires en terme de personnel pour le mener à bien. On peut surtout la définir comme le côté créatif du jeu, puisque c'est elle qui fait en sorte que le jeu soit amusant et qu'il plaise.

L'Editeur, c'est celui qui décide de prendre le risque de publier le jeu. Cela veut dire que pour se retrouver dans votre logithèque, le développeur devra avoir, auparavant, pratiqué une opération de séduction auprès de l'éditeur, en le convainquant d'investir dans son jeu : à lui de traduire le jeu en plusieurs langues, de concevoir les manuels, et surtout de passer commande auprès du fabricant de quelques centaines de milliers de cartouches ou CD. Et ce dernier élément est de loin le plus cher !

Car produire un jeu, ca coûte cher. On l'a dit, mais on ne l'a pas expliqué : les coûts liés au développement sont généralement pris en charge par le développeur, à moins que celui-ci, nous le verrons plus loin, ne soit sous contrat avec l'Editeur pour le compte duquel il travaille et est donc rémunéré. Dans tous les autres cas, le Développeur doit faire en sorte que le financement du jeu soit assuré, soit par ses fonds propres, soit par la participation de producteurs qui décident de prêter une somme d'argent en échange d'une garantie de... retour sur investissement à plus ou moins long terme.

Ce n'est pas toujours facile, aussi comprendrons-nous le souhait difficile à exaucer pour le développeur de faire en sorte que son jeu soit assuré de paraître le plus tôt possible. Le drame, c'est que certains studios sont encore dans l'incertitude alors que le jeu est... prêt !

Les victimes

GB Rally sur GBC.C'est le cas de T-Tex, un jeu développé par Slitherine Software, qui n'a pas encore réussi à trouver d'éditeur pour son jeu, pourtant terminé… et accompagné de critiques dithyrambiques par les sites Internet dédiés aux consoles portables comme IGN Pocket ! C'est également le cas d'au moins deux autres studios, parmi lesquels Raylight Studios notamment. Le point commun de ces quelques Développeurs est que leurs jeux sont destinés à la console qui s'est vendue à ce jour à plus de 100 millions d'exemplaires à travers le monde.

T-Tex a été tout récemment l'objet d'un long article sur Pocket IGN, un article que nous avions nous-même repris dans une nouvelle postée sur Puissance Nintendo. Dans cette nouvelle, IGN donne des raisons que Slitherine rappelle sur son propre site. Si l'on se réfère au site de Slitherine, eh bien le Développeur n'est pas heureux des critères sur lesquels les Editeurs s'appuient avant de donner leur feu vert : plusieurs éléments sont cités, comme la taille de la cartouche, ses petits extra comme une pile au lithium ou désormais le kit vibration intégré à des jeux comme Perfect Dark (un jeu Rare/Nintendo, tenez donc...), la présence d'une license appelée à booster les ventes du jeu, et le gameplay. Toutefois, on signalera que ce dernier facteur est largement sous-considéré par les Editeurs, plus près de leur sou que de la qualité des jeux mis à disposition des consommateurs.

Un jeu de tir en 3D sur GBC !!!Il faut bien les nourrir ces petites bêtes, en leur donnant des jeux accompagnés d'un nom qu'ils connaissent : la signature d'un joueur de football américain aura un impact incroyable sur les vente du jeu, tout comme un jeu portant le logo Jurassic Park fera un malheur.

Le hic, c'est que la raison pour laquelle les Editeurs décident de ne pas investir leurs deniers est la même pour tous les trois : les jeux sont dénués d'une quelconque license. Et on en vient donc au coeur du sujet : la conspiration des Editeurs !

Une conspiration ? Comme c'est excitant !

On a dit que développer un jeu revenait de plus en plus cher, notamment aux Editeurs, qui doivent investir de plus en plus d'argent, donc prendre de plus en plus de risques de ne pas pouvoir rentrer dans leurs frais, à mesure que le marché s'élargit, devient chaque année un peu plus "de masse".

L'Histoire a montré que des jeux dont le titre faisait référence à une personne célèbre avaient plus de chances de se vendre qu'un autre. Mais l'histoire a aussi montré que certains jeux licensiés n'étaient pas aussi géniaux que d'autres, non licensiés. Et ca, les Editeurs ont un peu tendance à l'oublier ! Prenons l'exemple de la série des FIFA : en général, les ISS sont meilleurs. Et c'est loin d'être le seul cas. Pourtant, les investissements nécessaires à l'acquisition d'une license FIFA sont quand même très élevés, et rendent ducoup l'amortissement du titre plus difficile.

Mais pour une brebi galeuse, combien de perles ? Les Editeurs savent que la réputation des noms qu'ils achètent n'est pas vraiment suffisante pour convaincre. Pour autant, ils ne semblent pas vraiment enclins à laisser les Développeurs traditionnels se développer sur un marché duquel ils furent pendant bien longtemps les maîtres.

Vous l'aurez compris : c'est pour servir leurs propres intérêts que les Editeurs exigent des studios qu'ils acquièrent une license auprès d'une marque, d'un sportif, d'une férération sportive.

Une license, oui, mais...

Certes, avoir une license, ca donne immédiatement un certain prestige au titre. "Ouah, c'est un jeu avec Ronaldo" crieront les fans de football, "super, c'est un jeu basé sur Dinosaure", diront les fans de Disney. Et donc, incontestablement, ca fait vendre.

Or, le problème est que dans certains cas précis, l'obtention d'une license ne sert strictement à rien, mais on devra néanmoins reconnaître que cela peut s'avérer d'autant mieux si le jeu est de qualité.

Ce que l'on peut reprocher, c'est le fait que que les Editeurs se servent de cet argument pour refuser un jeu qualifié par d'aucuns comme réussi, ou disposant d'atouts incontestables qui pourraient en faire un hit !

Le fait est que pour ces jeux, car on évoque ici des jeux qui nous concernent, à savoir destinés à une parution sur console Game Boy Color, les développeurs doivent se heurter à l'approche de la sortie du Game Boy Advance. Le fait que les jeux soient compatibles de la GBC vers la GBA sont un atout à court terme, mais quand les gens verront le potentiel graphique des jeux GBA, ils ne regarderont même plus les jeux Game Boy.

Pour reparler du support, la GB, n'oublions pas qu'il s'agit d'un jeu sur GB, donc sur cartouche, et que le financement doit prendre en considération le coût de fabrication des cartouches, un coût que Nintendo, selon nos sources, ne communique pas à l'avance, laissant les éditeurs dans le doute quant aux frais à engager pour produire le jeu.

Et puis ajoutons que les Editeurs sont aussi d'une mauvaise foi flagrante, en trouvant des excuses aussi étranges qu'inappropriées : dire que "le jeu ne correspond pas à notre ligne de produits" est une excuse quand même assez surprenante, surtout dans une industrie où la créativité est quand même un élément majeur de succès ! C'est encore plus inquiétant quand les éditeurs proposent une somme d'argent avant de se rétracter sans raison, comme c'est arrivé dans le cas de GB Rallye de Raylight Studios…

On en viendrait donc à penser que les éditeurs font leur tête des mauvais jours quand un développeur indépendant se pointe avec une production de qualité : GB Rally sur Game finira-t-il par paraitre ?T-Tex est évoqué comme possédant une jouabilité hors-pair, on parle du jeu de SquishySoft comme possédant une intelligence artificielle plus poussée que celle de Metal Gear Solid (voir à ce sujet la nouvelle, l'appel à l'aide lancé par FGN : http://www.fgnonline.com/nintendo/news/16922.html ) ! Le jeu de Raylight Studios, GB Rally, est évoqué avec un ton passionnel relatif à sa maniabilité. A tort ou à raison, là n'est pas la question : ce que j'essaie de montrer est que des jeux aux qualités indéniables sont sur le point de partir aux oubliettes, jugés et condamnés selon des critères qui n'ont absolument rien à voir avec les jeux eux-mêmes.

Les méchants Editeurs !!!

Ce qu'on peut reprocher aux Editeurs, c'est de barrer la route à des futurs concurrents potentiels : si la plupart des Développeurs se complaisent dans leur rôle, plus d'un aimerait éditer ses propres jeux, puis ceux des autres, devenant à son tour Editeur. C'est ce que fait Rare avec Conker's Bad Fur Day, qui sera édité sous son label aux Etats-Unis, Nintendo ne voulant pas prendre la responsabilité de sa publication (le jeu est vraiment pour les plus de 17 ans, dirait-on !).

Barrer la route aux dévéeloppeurs, c'est aussi éviter que des titres similaires soient produits : pourquoi permettre à un développeur de vendre par centaines de milliers d'exemplaires un jeu qui n'a pas de license, tandis que lui-mê,e déboursera parfois sans réflêchir des millions de dollars pour une license, aveuglément considérée comme un jackpot certain.

Car ils sont hypocrites, ces éditeurs, de faire croire au monde qu'une marque les a choisis, qu'un sportif leur a accordé leur nom, sous le prétexte de la qualité de leurs logiciels. Le plus souvent, c'est vrai, car les éditeurs les plus riches sont ceux qui ont su proposer les hits des années passées sur PC et consoles. Le fait est que ce sont les marques, le sportif, la fédération les ont choisi, le plus souvent parce que l'enveloppe contenant le chèque dont le montant figure sur le contrat est plus lourde en encre que celle que les concurrent étaient prêts à mettre sur la table.

Une situation dangereuse à long terme.

Vérité ou pas, c'est un peu invérifiable. Reste que c'est terriblement frustrant de voir que des jeux risquent de ne jamais paraître. Pourtant, jamais le secteur n'a été aussi riche, en terme de volumes de marché, en terme de sociétés ou d'individus donnant le meilleur d'eux-mêmes pour les autres, pour nous, les joueurs.

Car si ce comportement avait été aussi courant qu'il l'est aujourd'hui en 1994/1995, aurions-nous aujourd'hui des franchises comme Rayman ou Lara Croft, vendant des millions d'exemplaires avec leurs seuls noms ?

Rayman aurait-il pu naitre ces derniers mois ?Certainement pas. Certainement pas si un éditeur n'avait pas eu l'audace de publier le jeu sans chercher à le doter d'une license parfois empoisonnée : Rayman aurait-il eu le même succès sous les traits d'un personnage de dessin animé ? Lara Croft aurait-elle vu le jour sous ses traits actuels ? Ces deux héros, à eux seuls, permettent d'illustrer le danger qui guette les éditeurs. Pas aujourd'hui, certes, mais demain.

Car que ferons-nous une fois que seul Simba à la recherche du Roi Lion hantera les jeux pour enfants, quand Ronaldo sera le seul jeu de foot disponible sur consoles ? Le jeu vidéo deviendra ennuyeux, et on risque bien de se retrouver dans une situation proche de celle du début des années 1980 (revoilà le spectre de la Big Crisis qui revient !) ! A cette époque, les gens avaient oublié que pour vendre un jeu, il fallait qu'il soit bon.

Si les choses continuent ainsi, on court droit à une standardisation des jeux vidéo, qui ne seront plus que la reprise d'une réussite éprouvée par le passé, pour la simple et bonne raison que les financiers ont peur.

Une partie de la solution est là : permettre aux financiers de rêver un peu ! Et si le T-Tex de Slitherine Software était le Rayman de demain ? Et si GB-Rally était la simulation de course qui serait attendue dans sa nouvelle version par des fans de plus en plus nombreux ? Et si le jeu de SquishySoft était l'application dont l'intelligence artificielle couplée aux capacités offertes par le réseau Internet ouvert au Game Boy ouvrait une nouvelle ère dans le jeu vidéo, salué par Shigeru Miyamoto lui-même ?

Ne riez pas. Ces situations, on les a connues par le passé. Le fait est qu'on risque bien, à cause d'un comportement aussi nombriliste qu'injustifié, ne plus jamais les connaître. Ca vous plairait à vous de ne plus rencontrer de nouveaux héros ? Est-ce que ca vous plairait d'acheter Lego Racer VII ou Mickey's Adventure IV ? Le danger est pourtant là, tout proche. Des gens en gris, au sourire jaunâtre, ont pris le contrôle du secteur du jeu vidéo.

Bref, mais ca on le savait, dans le jeu vidéo, il y a longtemps qu'on ne rigole plus. Le poids des financiers est de plus en plus important : la prise de risques doit se limiter à sa plus simple expression. Le moyen actuel à la mode est d'obtenir une license de "quelque chose" de fameux et de le plaquer à un produit : mettez le logo "Dinosaure" (Disney) sur un jeu mettant en scène un dinosaure et admirez le résultat. Les ventes explosent, le financier aux dents jaunes (et longues) sourit, mais le jeu vidéo a perdu une franchise potentielle pour une raison futile : la vision a trop court terme. Certains devraient réapprendre à rêver, tout simplement, peut-être alors pourrions-nous découvrir de nouveaux jeux, avec de nouveaux héros. Le risque paie, parfois...

Deux graphiques publiés sur ce site sont disponible sur l'excellente analyse marketing proposée ici :
http://perso.club-internet.fr/gclavel/jeuxvideo.htm.
Vous pourrez également consulter :
L'appel sur FGN Online

Menu de sélection rapide (Section Dossiers)
 
--- Partenaire ---
Un nouveau Monde : NUNTIAS VITA




Abonnez-vous !!!
S'inscrire Quitter
Lisez notre Bilan 2000 pour Nintendo !!!
Visitez Puissance Pocket !!!
Visitez Puissance Zelda !!!
Visitez la Zone Pokemon
Visitez la Perfect Dark Zone !!!
Inscrivez-vous à Nint'Hebdo !!!
Découvrez des sites extraordinaires
Découvrez vite Puissance Pocket !!!